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vendredi 22 février 2008

On est dans l'ordre de la censure politique



L'état devient de plus en plus monarchiste avec Nicolas Sarkozy et la censure verrouille toutes possibilités de s'exprimer.
titre de Courrier International a fait tiquer les dirigeants de Métrobus. D'après notre confrère Rue89, le magazine avait livré à la régie publicitaire de la RATP deux versions d'affiche: l'une avec "Sarkozy, ce grand malade", la seconde avec "Vu de Madrid: Sarkozy, ce grand malade" (voir les affiches). La régie pub a dit niet, probablement échaudée par les affaires autour de la pub Ryanair ou du fameux SMS. Le directeur du magazine Philippe Thureau-Dangin a souligné qu'il n'y voyait "pas malice", avant de préciser qu'il avait proposé de remplacer "grand malade" par "malade de l'ego". "Métrobus estimait qu'en tant qu'afficheur, il risquait d'être accusé de diffamation", a-t-il expliqué. "On est dans l'ordre de la censure politique si on ne peut plus critiquer le gouvernement", a insisté Philippe Thureau-Dangin, pour qui il n'y aurait eu aucun problème si l'affiche avait porté les mots "Bush, ce grand malade"."La rédaction de Courrier s'est creusée les méninges pour trouver un titre adéquat, toujours différent du titre original de l'article", précise Rue89. Titre original de l'article acerbe d'El Pais, daté du 14 février dernier: "Sarkozy, c'est fini", en français dans le texte. "Au niveau de Monaco"Le directeur adjoint du quotidien espagnol y livre une charge violente contre le président français: "La maladie dont souffre Sarkozy n'a pas la gravité du cancer de la prostate de Mitterrand, mais elle touche un organe vital s'il en est: l'ego. Celui du président est d'évidence atteint d'une hypertrophie probablement incurable", juge Lluis Bassets, avant de livrer une accablante conclusion "Ce triomphe (qu'il a obtenu) a le don de déprimer beaucoup de Français car il rabaisse la République au niveau de la Principauté de Monaco." La double page du Courrier du jeudi 21 février propose d'autres articles de la presse européenne tout autant féroces à l'égard du chef de l'Etat.
régie publicitaire de la RATP, Métrobus, a refusé d'afficher dans le métro une affiche de la Une de Courrier international qui comprenait en titre secondaire "Sarkozy, ce grand malade". "On est dans l'ordre de la censure politique si on ne peut plus critiquer le gouvernement" a déclaré le directeur du magazine.


Une affiche de Courrier international refusée par Métrobus
Il y a 1 heure
PARIS (AFP) — Métrobus, régie publicitaire de la RATP, a refusé une affiche de Courrier international, où le président Nicolas Sarkozy était traité de "grand malade", a indiqué vendredi à l'AFP le directeur du magazine, confirmant une information du site Rue89, en évoquant des raisons "politiques".
Contactée par l'AFP, la direction de Métrobus a confirmé avoir refusé cette affiche, invoquant un devoir de neutralité lié à sa mission de service public.
"A la RATP, nous avons des règles spécifiques liées à notre mission de service public. En tant que tel nous devons respecter une stricte neutralité sous peine de poursuites, et nous sommes soumis à une certaine prudence", a expliqué Gérard Unger, le président de Métrobus.
"Nous ne pouvions pas nous permettre de diffuser des propos polémiques comme ceux qui figuraient sur cette affiche, et c'est uniquement pour cela que nous avons été amenés à prendre cette décision", a-t-il ajouté.
L'affiche proposée reproduisait la une du numéro de l'hebdomadaire publié jeudi sur laquelle on pouvait lire en bandeau : "Vue de Madrid : Sarkozy, ce grand malade".
Il s'agissait en fait de la traduction d'un titre du journal espagnol El Pais, le magazine Courrier international étant spécialisé dans la traduction d'articles de la presse étrangère.
Selon le directeur du magazine Philippe Thureau-Dangin, l'affiche n'avait pas été soumise à un contrôle préalable, car le magazine n'y voyait "pas malice".
M. Thureau-Dangin précise qu'il a proposé "des changements" après avoir essuyé un premier refus, proposant notamment de remplacer "grand malade" par "malade de l'ego".
"Il y a eu un blocage total, parce que, visiblement, tout le monde était prévenu à Métrobus. Métrobus estimait qu'en tant qu'afficheur, il risquait d'être accusé de diffamation", a expliqué le directeur de Courrier International.
"Mes nouvelles propositions, qui n'étaient absolument pas diffamatoires, ont été rejetées par Métrobus comme partisanes", a-t-il ajouté, estimant qu'"à ce moment-là, on était plus proche de la censure que du respect des usagers".
"On est dans l'ordre de la censure politique si on ne peut plus critiquer le gouvernement", a encore souligné Philippe Thureau-Dangin, pour qui il n'y aurait eu aucun problème si l'affiche avait porté les mots "Bush, ce grand malade".